L’avant-centre aux 144 buts en 230 sélections sortait alors d’une série de dix matchs sans marquer en tournoi majeur. La disette est terminée. La légende, elle, ne connaît pas d’interruption.
Il ne s’en tiendra pas là. À la 39e minute, sur un caviar en profondeur de Bruno Fernandes, Ronaldo s’offre le doublé d’une balle croisée subtilement dosée. Dix buts en Coupe du monde : le record national d’Eusébio, la Panthère Noire, tombe sous les crampons du Madérien. Un hommage renversé, d’une icône à une autre.
Le Portugal s’impose cinq à zéro, avec notamment un but de Nuno Mendes sur coup franc et une conclusion de Rafael Leão en fin de match, illustrant la profondeur exceptionnelle d’un effectif taillé pour aller loin dans ce Mondial. La Seleção prend quatre points et une différence de buts largement dans le vert avant son dernier match de groupe face à la Colombie.
Mais ce soir, les statistiques collectives importent peu. Ce qui restera, c’est l’image de cet homme qui refuse, année après année, tournoi après tournoi, de se laisser engloutir par le temps. Six Coupes du monde. Vingt ans d’histoire mondiale. Et ce « Suiiiii » retentissant dans un NRG Stadium peuplé de maillots floqués de son nom, levé vers le ciel texan comme une réponse définitive à tous ceux qui avaient enterré CR7 trop vite.
Le temps n’a aucune emprise sur le natif de Madère. Il ne l’a jamais eu.